Peuple du roman

Les livres devraient rester sans surveillance dans les endroits publics pour se déplacer avec les passants qui les emporteraient un moment avec eux, puis ils devraient mourir comme eux, usés par les malheurs, contaminés, noyés en tombant d'un pont avec les suicidés, fourrés dans un poêle l'hiver, déchirés par les enfants pour en faire des petits bateaux, bref ils devraient mourir n'importe comment sauf d'ennui et de propriété privée, condamnés à vie à l'étagère.
Trois chevaux,
Erri de Luca

Il y a besoin de si peu, pour écrire. Il n'y a besoin que d'une vie pauvre, si pauvre que personne n'en veut et qu'elle trouve asile en dieu, ou dans les choses. Une abondance de rien. Une vie à l'inverse de celles qui sont perdues dans leur propre rumeur, pleines de bruits et de portes.
Une petite robe de fête, Christian Bobin

L'écriture est la soeur cadette de la parole. L'écriture est la soeur tardive de la parole où un individu, voyageant de sa solitude à la solitude de l'autre, peuple l'espace entre les deux solitudes d'une Voie lactée de mots.

Autoportrait au radiateur, Christian Bobin

 











 



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Vendredi 30 novembre 2007

... Voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Vous pouvez désormais me retrouver dans mon nouveau logis en cliquant ici (clic !)

par Loïs de Murphy publié dans : Chroniques
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Dimanche 25 novembre 2007

Celui-ci je me suis éclatée à le faire sur le générateur. Il faut dire que le sujet était facile...

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par Loïs de Murphy publié dans : Tome de sa voie
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Dimanche 25 novembre 2007

Christian Bobin est un des mes auteurs favoris, qui brode autour de moi un paradoxe qui m’interpelle et me fait tourner la tête pour essayer de l’apercevoir et y donner un sens : il arrive à me plonger dans des transports d’émotion avec une poésie, une répétition de mots-clés lumineux et blanchis et une adoration pour Dieu et ses saintes là où d’habitude je m’y désintéresse et ennuie.
A la toute fin de ce matin mais pas trop proche de l’heure de fermeture, je suis allée faire un tour dans la bibliothèque de mon quartier. Un des rares lieux où l’on peut encore croiser des curieux de lire ou des avides d'information dans le silence et le chuchotement. J’hésitais devant les magazines en libre lecture, aucun ne me faisait envie et je sentais que j’allais rentrer bredouille. J’ai finalement consulté le Monde des Religions alors que je ne le lis jamais. Le chasseur d’Isabelle et l’orpailleur à ce moment là n’étaient pas mes cousins, car ma pépite se trouvait à la page 61, avec une chronique de Bobin. Tiens, le fou de Ste Thérèse de Lisieux écrit pour cette revue ? Ca ne m’étonne pas, j’aurais dû m’en douter ! Au temps pour moi je suis mauvaise langue, son Dieu mon hasard m’avait mis une adorable synchronicité entre les mains, puisque j’apprends en lisant l’édito que c’est sa première chronique dans cette revue.
Il y adresse une lettre à Sandrine Bonnaire pour évoquer le documentaire qu’elle a réalisé autour du handicap de sa soeur. Il décrit certains des protagonistes filmés et a pour l’un deux, « jeune homme que des crises soudainement plaquent au sol » cette phrase terrible et magnifique :
« Dieu avait écrasé sa cervelle avec son talon sans le faire exprès.»

 
par Loïs de Murphy publié dans : Tome de sa voie
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Jeudi 22 novembre 2007

François Fillon a reçu la Croix du Mérite de fermer sa gueule. Avis aux taiseux en mal de bons points !




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par Loïs de Murphy publié dans : Chroniques
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Mardi 20 novembre 2007

Caro Erri,
Le bruit du vent assourdit la ville plus rapidement que les bruits qui courent. Dans cette bulle de sons je n’entends même plus par bribes les honnêtes gens bêler au lieu de défendre leur pré carré. En bas de chez moi s'agitent un point qui sort son chien, une nuée de petits points qui sortent de l'école et deux poings sous le nez d'un voisin.
Tu vois, j’ai posé quelques pots de basilic aux angles de ma cuisine, et les plis de la nappe posée sur la table qui a porté ton livre ces dernières heures sont rectilignes. Je ne sais pas si j’ai des angles obtus à t’offrir, ni si tu viendrais après un coup de fil. Un mimosa en prière – que peut-il faire d’autre dans un vase ? – ouvre ses billes. Si tu entrais maintenant elles t’éclabousseraient de ce parfum que tu as du sentir en Calabre. Tu penserais qu’il n’y avait pas de mimosa sur le bout de terre où tu allais dans ce coin d’Italie, mais tu ne me contredirais pas pour ne pas m’offenser. Je le saurais bien sûr et te regarderais dans les yeux comme une menteuse qui a mauvaise mémoire. Quel temps peut-il bien faire en ce moment sur ta montagne ?
Je viens de me rappeler que tu aimes également le laurier. Que tu l’aimes davantage ? Peu importe c’est ma rêverie, tu viens quand même et tu m’annonces que tu seras présent avec Gianmaria. J’ai enterré le premier de mes trois chevaux il y a huit ans, je viendrai donc vous voir lui et toi à Bordeaux le quinze mars sur le dos du deuxième. Si tant est comme tu le dis que notre vie dure autant que celle de trois chevaux. 

Concert et lectures à Bordeaux (clic)





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par Loïs de Murphy publié dans : Tome de sa voie
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Lundi 19 novembre 2007

Héhé ! Ca fait pratiquement une semaine que vous n'entendez plus parler de moi sur ce blog, et que vous n'avez pas vu qui vous savez aux infos... S'il y a un lien de cause à effet je ferme ce blog à tout jamais, je ferais n'importe quoi s'il le faut :o)





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par Loïs de Murphy publié dans : Chroniques
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Mercredi 14 novembre 2007

« Toute personne croyant qu’une croissance exponentielle peut durer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste»

Kenneth Boulding

  


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Dimanche 11 novembre 2007

Louis est fatigué. L'hiver qui arrive va glisser pour la cent dixième fois une pèlerine de gel sur son dos ossu comme la surface ésopique d'une baleine arrondie sous le chant d'un congénère toujours plus au nord,  mais cette fois il tend ses mains vers les braises du maigre foyer d'une année à treize lunes, sue si froide par les anciens dont il est un des aînés. Elle sera glaciale et il ne sait plus s'il a envie de continuer à bander son biceps. Les bras de fer épuisent ceux qui gagnent la partie. 
La mort lui a craché au visage un jet de salive sur le Chemin des Dames, au milieu des camarades qui tombaient sous des jets de balles. La garce l'a obligé à lui survivre si longtemps avec sur la joue la marque de cette honte - culpabilité des survivants - qui n'a jamais séché, même aux canicules des étés qui ne l'ont pas cueilli non plus aux récoltes des cerises.
Comme son échine courbée, sa trajectoire ploie et tend vers un retour au chemin bougnat de sa naissance. Le seize octobre mille huit cent quatre-vingt-dix-sept l'a vu porté dans un lange plié  jusqu'à l'église néo-romane de st Georges d'Aurac, alors quand il aura fini de regarder les fleurs d'amandier faner de l'autre côté de sa fenêtre, il veut poser sa joue sous un linge tendu au cimetière derrière la pieuse bâtisse.

Moi non plus, Louis Cazeneuve, je ne souhaite pas que l'on vous fasse des obsèques nationales.
Disposez enfin de votre corps de vieillard, vous qui êtes sorti de cette guerre en pacifiste convaincu et dégoûté de ces hypocrites médailles en chocolat amer.

Texte inspiré par l'article publié dans le Monde, ici : Les derniers poilus





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Vendredi 9 novembre 2007

To make a prairie it takes a clover and one bee -
One clover, and a bee,
And revery.
Revery alone will do
If bees are few.

Emily Dickinson, Lieu-dit l'éternité, Poèmes choisis, Points


Pour faire une prairie il faut un trèfle et une seule abeille
Un trèfle, une abeille,
Et la rêverie.
La rêverie seule fera l'affaire
Si on manque d'abeilles.



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par Loïs de Murphy publié dans : Tome de sa voie
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Vendredi 9 novembre 2007

Désolée, j’ai du mal à poster en ce moment car je ne décolère pas, et écrire à chaud ce n’est pas ce que je préfère. Que le Président s’augmente de 140% déjà je trouve cela intolérable, car il s’agit bien évidemment de son argent de poche vu qu’il ne paye rien de sa dite poche, contrairement à certains de ses homologues européens qui payent au moins un loyer.

Qu’il argumente en disant que les patrons d’entreprise gagnent beaucoup plus me fait vomir, un Président n’est pas là pour faire du bénéfice ou s’enrichir, et il s’agit de payer son salaire et ses faux-frais avec nos impôts et non de dégager une paye sur le chiffre d’affaires d’une entreprise.

On se demande même pourquoi il y en a qui voulaient être Présidents de la République avant lui plutôt que chefs d’entreprise tellement ça n’est pas intéressant.

Mais ce qui me met hors de moi et je ne suis pas prête de me calmer, c’est ce putain de con de peuple qui trouve ça normal.

Les dominés me fatiguent… les victimes me fatiguent… les veaux De Gaulliens me fatiguent…

par Loïs de Murphy publié dans : Chroniques
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